Chronique : Déviance

Je me dois d’être honnête avec vous ; j’adore la science-fiction !

Depuis toute petite, j’adore les films de science-fiction, et encore plus les romans. J’avoue être fascinée par ce que pourrait être notre futur si nous ne faisons pas attention à tel ou tel aspect de notre société. Comme plusieurs adolescents de ma génération, j’ai grandi avec les célèbres livres Hunger Games, Le Labyrinthe et Divergente, que j’ai bien aimés.

Mais il y a un problème. Tous ces romans sont américains et aucun roman québécois science-fiction ne m’a marquée. Il faut dire qu’ils sont très rares, surtout dans les romans jeunesse. J’en ai lu un seul et je pense que je n’étais pas le public cible parce que j’ai été déçue par le côté enfantin et peu développé de tout ce qui était science-fiction.

Alors, quand mon prof de littérature de genres nous a donné un roman de science-fiction québécois à lire, j’ai été ravie. Enfin, de la science-fiction de chez-nous ! Toutefois, est-ce que j’ai apprécié ma lecture ? Telle est la question !

Les vrais monstres ne sont pas ceux qui se cachent sous ton lit, mais des gens ordinaires, comme toi et moi. »
Montréal, 2102. Ils sont tous connectés. Connectés à la réalité augmentée. Connectés les uns aux autres. Pris au piège dans cet univers sombre où la déviance est la norme.
Dorothée Boudreau, une jeune trafiquante de Caelum, enquête sur ses origines. Lors d’une livraison de stupéfiants qui vire au cauchemar, elle sauve la vie dune toxicomane quadragénaire qui lui ressemble étrangement. Celle-ci lui confie un secret lourdement gardé : vingt ans plus tôt, on lui a volé son seul enfant.
Cette mère désespérée serait-elle sa génitrice ? Les recherches de la trafiquante sont rapidement interrompues. Un violent conflit éclate au sein de la famille Boudreau : ses cinq frères adoptifs sont enragés et lourdement armés. Personne n’est à l’abri.

Titre : Déviance

Auteur(s) : Stéphanie Sylvain & Withney St-Onge

Genre : Science-Fiction

Nombre de pages : 249

Date de parution : février 2019

Maison d’édition : ADA Éditions (Collection Corbeau)

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Mon avis

Quand j’ai vu que ce roman de science-fiction n’avait que 250 pages, je dois avouer que j’étais assez sceptique. Comment les auteures allaient arriver à introduire un monde différent du nôtre, créer des péripéties et conclure une histoire en 250 pages ? Ça me paraissait limite. Et pour être honnête, c’est un grand défaut du livre, à mon avis.

Tout se passe si vite qu’on a du mal à comprendre ce qui se passe. Les événements s’enchainent si vite qu’on n’a pas le temps de souffler un peu et de réfléchir à ce qui se déroule. Les auteures se concentrent beaucoup sur l’action et assez peu sur les ressentis ; j’aurais aimé avoir plus de descriptions au niveau des émotions de nos personnages. On nous mentionne les émotions, mais il n’y a pas de profondeur, et c’est dommage. Ajouté au fait que tout se passe trop vite, je n’ai jamais pu me glisser totalement dans le récit. J’ai la nette impression que les auteures ont voulu arriver à la fin trop vite.

Parlons-en, de la fin ! Quand je suis arrivée aux dernières pages, je n’avais pas du tout l’impression que l’histoire était terminée, mais qu’on était encore dans les rebondissements et péripéties. Ça renforce mon impression de fin trop vite, surtout que la fin était hyper décevante et trop facile. Okay, même si elle n’a rien fait, elle va en prison et elle meurt du cancer ? Un peu trop cliché, à mon goût, et c’est trop abrute. Dix pages auparavant, elle était encore en cavale et on avait pas du tout l’impression que la fin était proche.

Mais rassurez-vous, il n’y a pas que des points négatifs ! J’ai beaucoup aimé le fait que l’histoire se déroule au Québec, chez nous, dans la ville de Montréal. Non seulement ça fait différent des célèbres États-Unis, mais ça m’a permis de voir à quoi pourrait ressembler le futur si nous ne faisons pas attention à notre province. Très intéressant aussi, la façon dont on traite du souverainisme. Même si l’alternative proposée dans le roman ne me semble pas du tout réaliste, c’est intéressant de voir à quoi ça pourrait ressembler.

Bon, même si je suis un peu moins fan du fait que l’héroïne soit ENCORE une orpheline, les auteures ont réussi à nous mener en bateau quant à l’identité de sa mère biologique, et c’était rafraichissant. J’espère qu’à l’avenir, dans leurs prochains romans, elles iront davantage dans cette direction, éviteront les déjà-vus pour mener en bateau les lecteurs, c’est ce qu’on aime !

J’aime aussi tout ce qui est technologique, dans le roman. Les auteures ont donné autant de points négatifs que de points positifs aux avancées technologiques du livre, ce qui est on ne peut plus réaliste. Elles nous montrent que la technologie n’a pas que du bon ; par exemple, dans le livre, c’est ce qui a permis la découverte d’une nouvelle drogue qui fait des ravages énormes dans la population… et il est plus facile de pirater des programmes… bref, tout n’est pas rose, loin de là. Et ça fait changement de ces romans de science-fiction ou on présente la technologie quasiment comme un dieu sans défaut (ce qui est loin d’être le cas).

Parlons un peu de la plume. Premièrement, quelques erreurs grossières ont échappé au correcteur (exemple : je sort), ce qui est dommage. Mais ce qui m’a le plus dérangée, c’est que les auteures n’utilisent que des phrases courtes ! Non seulement ça donne un effet saccadé et malheureusement peu agréable, mais la lecture n’est pas fluide. Il faut absolument alterner entre phrases longues et courtes pour une meilleure fluidité.

En résumé, ce roman est très intéressant au niveau de la technologie et de l’endroit utilisé. Malheureusement, tout se passe trop vite et ça manque un peu de développement, on reste sur notre faim !

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